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C'est la première anthologie thématique consacrée au poète Aimé Césaire, illustrée de photos personnelles rares. Et c'est une belle initiative. Car enfin sont réunis des textes abordant différents aspects de l'œuvre de Césaire avec une modernité poétique stupéfiante. C’est universel, ça parle à tous les cœurs sans distinction de couleur, et donne envie de croire en l'humain.
« La poésie est une démarche qui par le mot, l'image, le mythe, l'amour et l'humour, m'installe au cœur du vivant et du monde ».
Que sait-on au juste de la manière dont un journaliste perçoit l’information qu’il va être amené à traiter ? Surtout lorsqu’il s’agit des horreurs d’une guerre, d’une catastrophe, d’une situation extrême. La plupart du temps l’on ne se pose pas la question, on se contente de trouver son reportage extraordinaire, courageux, c’est tout. On oublie un peu trop souvent que derrière le professionnel, il y a un être humain. Sur le moment, il « assure », après il encaisse. C’est ce moment où le journaliste décompresse et prend conscience de la réalité que Jean Paul Mari aborde avec justesse dans ce livre nécessaire. Car un reportage laisse toujours une trace, de bonheur ou de douleur. Nous avons pris l'exemple du journaliste de guerre, mais il y a aussi les militaires, les humanitaires, tous ceux dont le métier est de se retrouver confronté à l'horreur, et dont le traumatisme peut être pire que la mort. A lire absolument.
Entretien avec l'auteur : http://sansblessuresapparentes.blogspot.com
Comment vivent les Chinois 60 ans après la création de la République Populaire de Chine, et l’installation au pouvoir de Mao, 43 ans après le début de la Révolution Culturelle, et après des millions de victimes d’un système totalitaire, sans faille ? Comment les Chinois s’accommodent-ils d’un système qu’ils sont les seuls à expérimenter, le mariage d’une dictature communiste et d’un capitalisme débridé ? Philippe Rochot fut correspondant de France 2, à Pékin, à partir de 2000 et durant 6 années il a posé sur la société chinoise un regard de professionnel de l’information, se posant les questions que nous nous posons. Ceci explique ce sentiment de sympathie que l’on éprouve à la lecture de ce carnet de voyage historique et sociologique. Les réponses sont passionnantes et parfois déconcertantes, à l’image de la Chine Nouvelle. Car, comme on l’imagine, il n’est pas facile de faire, quotidiennement, le grand écart entre l’idéologie pesante et réelle, et le « sois riche et tais toi » que prônent les dirigeants actuels. Si beaucoup suivent le conseil, et s’enrichissent, 100 millions de Chinois vivent avec moins de 1$ par jour. Ce sont les laissés pour compte du développement économique, qui en arrivent parfois à regretter la Chine des années Mao…
A la frontière Ouest du Pakistan et de l’Afghanistan, dans l’Hindu-Kush, se trouve le passage qui permet de se rendre d’un de ces pays à l’autre. Le décor est minéral, désertique, et pourtant il a vu défiler toutes les armées parties, au cours de l’Histoire, et bien avant JC, à la conquête de l’Asie. Les Perses, les Mongols, les Tartares, ont franchi Khyber Pass pour, notamment répandre l’Islam en Asie. La Khyber Pass est aujourd’hui en pleine zone tribale, carrefour de trafics de toutes sortes (armes, drogues etc…). Dans l’histoire de l’Empire, la Khyber Pass est la défaite la plus cuisante subie par l’Armée Britannique. En janvier 1842, une colonne de 16.500 personnes militaires, femmes et enfants y sont massacrés par des guerriers Ghilzai, Afghans.
C’est cette histoire, romancée, mais très documentée, que nous raconte Catherine Decours dans son très beau livre Khyber Pass. Le style alerte, les personnages réels se mêlant à ceux que la romancière a imaginés, mais qui ont dû exister, nous embarquent dans une aventure quasi cinématographique. Au point que cet ouvrage, pourtant épais, se lit d’une traite.
Le 19 août dernier, dix parachutistes français ont été tués dans une embuscade, à 50 km à l’Est de Kaboul, donc loin de Khyber Pass, mais l’Afghanistan demeure aujourd’hui ce qu’il a toujours été. Wellington l’avait déjà compris, qui écrivit : « S’il est possible d’entrer en Afghanistan, il est presque impossible d’en sortir ». Les Soviétiques l’ont appris à leurs dépens, les troupes de l’OTAN vont le découvrir. L’Histoire est un éternel recommencement.
L’odyssée de Paul Nadar au Turkestan est un réel bonheur pour les amoureux de voyages et de photographie. A force de voir passer dans l’atelier familial des célébrités comme Mariette, Alexandre Dumas, Edouard Blanc, un pionnier de l’Asie Centrale, l’ami Jules Verne, et tant d’autres … Paul Nadar décide de partir, en 1890, à la découverte de la ligne ferroviaire russe du Transcaspien. L’Exposition Universelle de Paris en 1889 lui permet de rencontrer George Eastman, dont il a adopté et commercialisé les petits appareils photographiques instantanés et à rouleaux. Parti en Aout 1890, il va jusqu’en Décembre prendre plus d’un millier de clichés d’une région du monde qui commence à fasciner. Ces photos d’une incroyable modernité préfigurent le photoreportage contemporain. Jules Verne commence à écrire Claudius Bombarnac, consacré à la fameuse ligne Transcaspienne ; on peut imaginer que Paul Nadar fut son modèle…