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Jetsun Pema - La mère du Tibet

Jetsun Pema

En tant qu’observateurs, il nous a paru intéressant de présenter dans notre Agenda cette interview de Jetsun Pema. Réalisée fin 2005, elle est toujours d’une étonnante actualité.

Jetsun Pema est la sœur cadette du Dalaï Lama. C’est une femme douce, chaleureuse, et forte de ses convictions. Depuis 1964 et jusqu’en 2006, elle dirigeait les TCV, les Tibetan Children’s Village : des structures d’accueil pour les enfants fuyant le Tibet, seuls ou accompagnés de leurs parents. Dans ces villages, ils sont hébergés, nourris, et surtout scolarisés afin de ne pas perdre leurs racines culturelles, et notamment leur langue.

Aujourd’hui, on dénombre 75 villages situés, pour la plupart, dans l’Est de l’Inde. Ils accueillent 15 000 enfants environ, des Tibétains mais aussi 10% d’autres nationalités, car l’enseignement qui y est dispensé est de qualité.

Celle que l’on appelle la Mère du Tibet a décidé, désormais, de se consacrer à la création d’une Université Tibétaine dans la ville de Bengalore, la Silicone Valley indienne.

Votre frère et vous-même dites souvent que l’on ne doit pas cesser de parler du Tibet, c’est une sorte d’action non violente…

…parce que notre pays traverse des moments très difficiles. Et si je viens souvent en France, c’est parce que beaucoup de Français ont pris conscience de cette situation et nous aident en parrainant des enfants dans les TCV, les Allemands et les Italiens aussi, ils ont compris que pour nous, les enfants c’est l’avenir du Tibet.

Avez-vous le sentiment que l’Europe est à l’écoute de vos problèmes ?

Pas vraiment. Il y a beaucoup de touristes qui se rendent au Tibet mais ils ne voient pas ce qui s’y passe. Ils n’ont pas le droit de se rendre dans les villages, et les petites villes où vit la majorité des Tibétains dans la misère la plus totale.

On montre aux touristes le folklore tibétain, pas la réalité.

Qui peut vous entendre ?

Il est très difficile à tous d’entendre le Tibet, car la Chine est puissante, et tout le monde veut faire du business avec la Chine. Le Tibet n’a aucune richesse à offrir. Nous n’avons pas de pétrole. Aujourd’hui cela va mal chez nous, c’est une réalité et nous devons l’affronter.

Comment voyez-vous l’avenir ?

Il va nous falloir encore et toujours espérer. Nous devons améliorer la qualité de vie de nos réfugiés, de plus en plus nombreux, qui ont la chance de connaître la Liberté, en Inde, et préserver notre culture.

On dit souvent que le Tibet a beaucoup à apporter aux autres, c’est là notre richesse, cela pourra se faire si nous préservons notre identité et notre culture. Tant que nous y arriverons, il y aura cet espoir pour le Tibet.