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PHILIPPE ROCHOT raconte la chute du mur de Berlin

Philippe Rochot« Ce matin du 9 novembre, nous avions commencé à filmer très tôt à l’hôpital central de Berlin-est. Une situation alarmante : une bonne partie du personnel médical s’est déjà enfui à l’ouest en passant par la Hongrie ou la Tchécoslovaquie, sans attendre l’éventuelle chute du mur de Berlin. Il suffit de déclarer qu’on va passer ses vacances dans l’un de ces deux pays qui viennent d’ouvrir leurs frontières avec l’Allemagne ou l’Autriche, et le tour est joué. 60.000 citoyens est-allemands ont déjà profité de cette combine depuis le printemps. A Berlin-est, il n’y a donc presque plus de chirurgiens dans les hôpitaux et les infirmières commencent à faire défaut.

Celles qui restent nous déclarent qu’elles ne veulent pas quitter le navire et abandonner les malades, mais qu’elles sont d’accord avec les motivations des fugitifs. »


C’est ce qu’écrit Philippe Rochot dans son carnet intime (Pour la suite voir son blog   http://philippouphotos.spaces.live.com).

Le grand-reporter d’Antenne 2 et son équipe sont depuis quelques jours déjà en RDA. Mais ils savent, ils sentent, que quelque chose se prépare.

A 20h30 les rues de Berlin-Est s’apprêtent à vivre une soirée normale, morne et froide. A 23h l’Histoire s’emballe. Ce mur de 3,60 mètres de hauteur, de 160 km de long et ses 300 miradors, qui symbolise la guerre froide, se fissure. Pour éviter une guerre civile, les soviétiques, et surtout Gorbatchev, décident de donner le feu vert.

Philippe Rochot

Ce soir-là et les jours qui suivirent, des familles que le mur a divisées, se retrouvent. L’espoir d’un monde de liberté et de justice s’exprime de mille et une manières.

Les 16 millions d’Allemands  de l’Est sont les derniers à vivre dans un Etat des plus totalitaires. Leurs dirigeants avaient même cessé d’obéir à Moscou, qui exigeait un peu de souplesse,  suivant leur propre voie, celle de la répression et de la dictature.

C’est pour couvrir l’actualité de cette Allemagne malade de son économie d’Etat que l’équipe d’Antenne 2 était là. Le journaliste a pris quelques photographies comme il le fait toujours sur un tournage, et témoigne au micro de France 5 Web.

Interview de Philippe Rochot


Philippe Rochot, grand reporter, était l'envoyé spécial d'Antenne 2 en Allemagne au moment de la chute du mur de Berlin. Il revient ici sur le déroulement des événements, et décrit la façon dont il l'a vécu, en tant que journaliste, mais également en tant que témoin privilégié.